Les allocations familiales pourraient rester en 2027 au même niveau qu’en 2026, sans revalorisation prévue au 1er avril. Cette hypothèse figure dans les prévisions retenues pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), avec une économie annoncée de 0,5 milliard d’euros pour la branche famille. Le texte n’est toutefois pas adopté : son parcours parlementaire a été interrompu à l’Assemblée nationale et doit se poursuivre au Sénat.
La première partie du projet, consacrée aux recettes, a été rejetée par les députés le 23 octobre 2026, par 115 voix contre 1. Ce vote a entraîné le rejet de l’ensemble du PLFSS en première lecture, sans que la chambre basse examine la partie consacrée aux dépenses. Le Sénat doit commencer son examen à partir du 9 novembre.
Une baisse de pouvoir d’achat calculée par rapport à une hausse hypothétique
Le gel ne signifierait pas une diminution nominale des montants actuellement versés. La perte évoquée correspondrait à l’écart entre le maintien des prestations à leur niveau de 2026 et une revalorisation qui aurait normalement suivi l’évolution des prix. Les estimations présentées reposent sur une hypothèse d’augmentation de 2 %, utilisée en l’absence de taux officiel : elles ne constituent donc pas encore un montant définitivement fixé pour 2027.
| Composition de la famille | Manque à gagner annuel maximal estimé |
|---|---|
| Deux enfants | 36,54 € |
| Trois enfants | 83,36 € |
Pour une famille de deux enfants, le manque à gagner pourrait atteindre 36,54 euros sur douze mois. Avec trois enfants, il serait estimé à 83,36 euros. Ces montants dépendent du taux de revalorisation finalement applicable : tant qu’une loi n’est pas promulguée, la règle de revalorisation du 1er avril continue de s’appliquer.
Un calendrier qui peut encore modifier le dispositif
Après l’examen sénatorial, une commission mixte paritaire pourrait être réunie pour rechercher un compromis entre les deux chambres. Elle serait composée de sept députés et sept sénateurs. Si aucun accord n’est trouvé, la procédure parlementaire se poursuivrait selon les règles prévues pour l’examen d’un texte financier.
Le Parlement dispose d’un délai global de cinquante jours pour examiner le projet, soit jusqu’au 26 novembre dans le calendrier présenté. À l’issue de cette période, le gouvernement peut mettre le texte en œuvre par ordonnance. Le contenu du PLFSS, comme le principe du gel des allocations familiales, peut donc encore évoluer avant l’aboutissement de la procédure.
Les familles n’ont, à ce stade, aucune démarche particulière à effectuer. Le versement des prestations continue selon les règles en vigueur, et la revalorisation du printemps reste applicable tant qu’une nouvelle loi n’a pas été adoptée et promulguée.
Pour comprendre
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale fixe chaque année les prévisions de recettes et les objectifs de dépenses des régimes sociaux. Son examen suit une procédure parlementaire encadrée, dans laquelle l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent discuter et modifier le texte avant son adoption éventuelle. Une mesure inscrite dans les prévisions budgétaires ne devient applicable qu’après l’achèvement de cette procédure et la promulgation de la loi.