Le déploiement des installations photovoltaïques et agrivoltaïques dans le Tarn‑et‑Garonne suscite une réaction politique. Selon un décompte relayé par La Dépêche, le département compte environ 130 projets en cours d'examen ou d'étude. Jean‑Michel Baylet, président de la communauté de communes des Deux‑Rives et maire de Valence‑d'Agen, a exprimé sa préoccupation et demandé la mise en place d'un schéma départemental pour organiser ce développement.
Le motif avancé par l'élu tient à l'absence, selon lui, de cohérence entre les demandes déposées et les impacts locaux. Sur un exemple cité à Valence‑d'Agen, un projet a été proposé sur une zone de loisirs située à l'entrée de la commune ; Baylet considère que cette localisation « défigurerait l'entrée de Valence ». Au‑delà des enjeux paysagers, il alerte sur des conséquences matérielles : certains raccordements nécessitent des travaux sur le réseau routier.
« Effectivement, le photovoltaïque et l’agrivoltaïque se développent de manière totalement anarchique dans notre département. Les demandes succèdent aux demandes sans aucune cohérence et sans regarder de près les conséquences locales que ceci entraîne », a déclaré Jean‑Michel Baylet.
Les impacts signalés
Plusieurs effets locaux sont mis en avant par l'élu :
- atteinte à l'esthétique des entrées de communes et des zones de loisirs ;
- travaux de raccordement entraînant des interventions lourdes sur les routes départementales ;
- absence d'une vision d'ensemble coordonnant implantation et desserte électrique.
Baylet cite un cas précis : la route départementale reliant Dunes à Donzac, récemment refaite, a vu des tranchées creusées pour un raccordement électrique, occasionnant selon lui une dégradation du revêtement. Il invoque aussi le travail de France Nature Environnement, qu'il « salue », comme élément ayant attiré son attention sur la situation.
Une proposition d'encadrement
La demande de Baylet vise à instaurer un cadre commun d'implantation et d'instruction des dossiers. L'objectif affiché est d'éviter des décisions au coup par coup et de mieux anticiper les conséquences sur les infrastructures et les paysages. Le recours à un schéma départemental, tel que proposé, supposerait de mettre en conformité les projets avec une feuille de route concertée entre collectivités, gestionnaires de réseaux et associations environnementales.
| Élément | Constat |
|---|---|
| Nombre de projets | ~130 |
| Principaux enjeux | paysage, voirie, raccordements électriques |
L'appel à un schéma intervient alors que les projets se multiplient. Il s'inscrit dans un débat plus large sur la façon dont les installations d'énergie renouvelable sont intégrées au tissu territorial : concilier production d'électricité, préservation des usages agricoles et protection des espaces fréquentés par les habitants reste au cœur des discussions. France Nature Environnement a produit des éléments d'analyse sur ces installations, soulignant des tensions locales qui ont servi d'alerte à des élus comme Jean‑Michel Baylet.
La mise en œuvre d'un schéma départemental impliquerait des arbitrages entre autorités compétentes et pourrait donner lieu à des concertations. Les porteurs de projets, les gestionnaires de réseaux et les collectivités seraient concernés par une telle démarche, destinée à éviter des décisions isolées et à encadrer techniquement les raccordements.
Pour comprendre
Les décisions relatives à l'implantation d'installations renouvelables mobilisent à la fois des compétences locales (collectivités, documents d'urbanisme) et des autorités techniques (gestionnaires de réseaux). Un schéma départemental vise, en théorie, à coordonner ces acteurs pour définir des règles d'implantation et d'accès aux infrastructures, afin d'assurer une lecture commune des projets et de faciliter l'instruction des demandes.