Les responsables des ressources humaines des collectivités disposent désormais d'éléments chiffrés pour mesurer l'ampleur du télétravail parmi les agents territoriaux. Selon l'exploitation par la DGAFP‑SDessi des résultats de l'Enquête Emploi 2025 de l'Insee, trois chiffres structurent le débat : 15 % des agents territoriaux ont télétravaillé au moins un jour au cours des quatre dernières semaines, 27 % estiment que leur emploi est compatible avec le télétravail et 54 % des agents dont l'emploi est jugé compatible ont effectivement télétravaillé pendant la période observée.
Des écarts qui interrogent l'organisation
Ces données confirment une réalité déjà perçue sur le terrain : tous les emplois dits compatibles ne donnent pas lieu automatiquement à un usage effectif du télétravail. Pour les collectivités, cela pose plusieurs questions opérationnelles — du maintien de la continuité du service aux conditions de management — sans préjuger des réponses locales qui dépendent des organisations et des métiers.
- Usage réel vs compatibilité : la moitié seulement des agents en poste « compatibles » ont télétravaillé pendant la période mesurée.
- Portée limitée : 15 % d'usage fréquent ou récent montre une pratique présente mais pas généralisée.
- Enjeux RH : autorisations, organisation du travail, gestion des effectifs et suivi de l'activité restent au cœur des arbitrages.
Conséquences pour les collectivités
Sur le terrain, les directions des ressources humaines territoriales doivent composer avec des demandes individuelles, des impératifs de continuité du service public et le souhait des encadrants de conserver un pilotage opérationnel. Les chiffres montrent que le télétravail n'est pas seulement une question de droit ou d'autorisation : il s'agit d'une transformation des pratiques de gestion et d'organisation du travail qui nécessite des dispositifs partagés et lisibles au niveau local.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Agents ayant télétravaillé au moins un jour (4 semaines) | 15 % | Enquête Emploi 2025, Insee (DGAFP‑SDessi) |
| Agents estimant leur emploi compatible | 27 % | Enquête Emploi 2025, Insee (DGAFP‑SDessi) |
| Parmi les emplois compatibles : part ayant télétravaillé | 54 % | Enquête Emploi 2025, Insee (DGAFP‑SDessi) |
Pour les élus locaux, ces résultats appellent à clarifier les politiques locales de télétravail : elles concernent la définition des emplois compatibles, les procédures d'autorisation, les modalités d'évaluation et l'encadrement des agents. Du côté des encadrants, ils renforcent la nécessité d'outils de pilotage adaptés et d'une culture managériale qui distingue exigence de résultat et contrôle de la présence.
Enfin, ces chiffres soulignent que le télétravail est aujourd'hui un levier organisationnel à manier finement : ni entièrement marginal, ni universellement adopté, il doit être intégré dans des politiques RH cohérentes au service de la continuité et de la qualité du service public.
Pour comprendre
Le télétravail dans la fonction publique repose sur une évaluation de la compatibilité d'un poste avec un travail hors des locaux : cette appréciation conditionne l'autorisation. Les acteurs concernés — agent, encadrement, DRH — doivent ensuite convenir d'un cadre (jours autorisés, modalités d'évaluation, continuité du service) pour que le télétravail s'inscrive dans l'organisation du travail sans remettre en cause les obligations professionnelles.