Les premières estimations publiées dans la soirée du 27 octobre 2026 indiquent une course serrée pour la composition de la prochaine Knesset. D'après les projections relayées par les chaînes israéliennes 11, 12 et 13 et agrégées par Haaretz, le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot obtiendrait 53 sièges sur les 120 que compte le parlement, contre 50 sièges pour le Likoud et ses alliés.
Ces estimations, publiées aux alentours de 22 h 30, laissent apparaître une représentation parlementaire très fragmentée, où chaque parti disposera d'un rôle déterminant pour la construction d'une majorité. Les deux formations arabes, la Liste arabe unie et la Liste unifiée, tiendraient pour leur part respectivement 7 et 11 sièges, selon les mêmes projections.
« Elles montrent une absence totale de confiance envers Netanyahou et son gouvernement », a déclaré Gadi Eisenkot.
Les réactions des principaux acteurs reflètent la prudence et l'enjeu stratégique de ces chiffres provisoires. Gadi Eisenkot a interprété ces premières estimations comme un rejet du leadership de Benjamin Netanyahou. Yaïr Lapid, leader de l'opposition parlementaire actuellement, a parlé d'une « défaite écrasante » pour le camp du premier ministre sortant, tandis que des voix proches du gouvernement ont mis en garde contre des conclusions hâtives.
Dans le camp de Benjamin Netanyahou, Gideon Saar, ministre des Affaires étrangères, a rappelé que le Likoud demeurait le « plus grand parti d'Israël », soulignant que les célébrations de l'opposition étaient prématurées. Les responsables politiques ont également signalé que des heures, voire des jours, seraient nécessaires pour obtenir des résultats définitifs et prendre en compte les voix comptées ultérieurement ou contestées.
Conséquences politiques
Cette projection serrée signifie que ni le bloc d'opposition ni le Likoud ne disposent, seuls, d'une majorité de 61 sièges. La construction d'une coalition sera donc déterminante : les partis devront négocier alliances et concessions afin d'atteindre le seuil nécessaire pour gouverner. Dans un paysage parlementaire fragmenté, des partis de taille moyenne ou des formations sectorielles peuvent ainsi peser fortement sur la composition du futur gouvernement.
- Bloc d'opposition (Eisenkot) : 53 sièges (projection)
- Likoud et alliés : 50 sièges (projection)
- Liste arabe unie : 7 sièges (projection)
- Liste unifiée : 11 sièges (projection)
| Formation | Sièges projetés |
|---|---|
| Bloc d'opposition (Eisenkot) | 53 |
| Likoud et alliés | 50 |
| Liste arabe unie | 7 |
| Liste unifiée | 11 |
Selon Haaretz et les chaînes israéliennes consultées, ces chiffres ne constituent pas un résultat définitif et restent soumis à des ajustements lors du dépouillement complet. Le processus post‑électoral inclut aussi la possibilité de recomptages ou de recours, ce qui peut retarder la confirmation de la composition finale de la Knesset.
La phase qui suit les élections en Israël implique des consultations entre chefs de partis, désignation d'un candidat au poste de Premier ministre par le président de la République israélienne et négociations de coalition. Dans ce contexte, les quelques sièges d'écart observés dans ces sorties d'urnes rendent incertaine l'issue des tractations et la date d'investiture d'un nouveau gouvernement.
Pour comprendre
En Israël, l'issue d'élections législatives se traduit souvent par la nécessité de former une coalition : aucun parti n'obtient généralement la majorité absolue des sièges. Le président de la République consulte les chefs de partis et désigne un député chargé de constituer un gouvernement, qui doit ensuite obtenir la confiance de la Knesset. Les négociations de coalition déterminent la composition et la durée probable du futur exécutif.