Une vingtaine de sociétés de journalistes et de personnels, au total quelque 40 rédactions, ont signé mardi une tribune appelant le Rassemblement national à assurer la sécurité et la liberté de travail des professionnels des médias. Le texte, publié sur le blog de la SDJ de Mediapart, réagit aux incidents survenus lors du congrès du parti d’extrême droite en fin de semaine.
Parmi les signataires figurent des rédactions nationales et audiovisuelles : BFMTV, LCI, Le Monde, Le Figaro, Radio France, RTL, RMC, l’Agence France‑Presse et France Télévisions, ainsi que des sociétés de journalistes de titres régionaux et en ligne comme Les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Alsace, Les Echos et Blast.
« Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d'accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser. »
La tribune rappelle les faits : durant le congrès, une équipe vidéo de Mediapart a été prise à partie par des militants, huée par la salle et finalement exfiltrée par le service de sécurité du RN. Le service presse du parti a, selon le texte, présenté des excuses et autorisé ensuite le retour des journalistes dans la salle. Les signataires ajoutent que la direction de Mediapart a dû, face à des menaces et à la perception d’une sécurité insuffisante, demander à ses équipes de quitter le congrès.
Le recours à l’exfiltration et les témoignages rapportés par la tribune — parmi lesquels des propos racistes entendus envers un journaliste — motivent la demande collective : ces rédactions exigent de pouvoir « travailler librement » et demandent aux formations politiques de garantir l’accès et la sécurité des professionnels couvrant leurs réunions.
Contexte et réactions
Ce signalement intervient à six mois de l’élection présidentielle et s’inscrit dans un débat plus large sur les relations entre responsables politiques et médias. La tribune fait explicitement référence à la campagne présidente de Marine Le Pen, indiquant que le congrès a servi de rampe de lancement à cette campagne, et considère inacceptable toute entrave au travail journalistique lors d’un moment aussi crucial du cycle politique.
- Exigence : garanties d'accès et de sécurité pour les journalistes aux événements partisans.
- Signataires : sociétés de journalistes et personnels de médias nationaux et régionaux.
- Faits : exfiltration d'équipes de Mediapart, huées et propos hostiles entendus dans la salle.
| Type | Exemples cités |
|---|---|
| Médias audiovisuels | BFMTV, LCI, Radio France, France Télévisions |
| Presse écrite et agences | Le Monde, Le Figaro, L'AFP, Les Echos |
| Médias numériques et régionaux | Mediapart, Politis, Blast, Les Dernières Nouvelles d'Alsace |
La tribune appelle à une clarification des pratiques des partis politiques lors d’événements publics afin que les journalistes puissent exercer leur mission d’information sans entraves ni risques. Elle souligne aussi la responsabilité des organisateurs et des services d’ordre pour prévenir et traiter les incidents visant les professionnels des médias.
Pour comprendre
Les partis politiques organisent des réunions publiques et des congrès qui sont des lieux d’information pour les citoyens. Les médias ont le droit d’y accéder pour rendre compte des débats et des positions ; les organisateurs doivent assurer des conditions de sécurité permettant l’exercice de la liberté de la presse. Lorsque des incidents surviennent, les rédactions peuvent alerter collectivement les partis et saisir les autorités compétentes pour garantir la protection des journalistes.