Le gouvernement ne prévoit pas de modifier le calendrier de l’élection présidentielle de 2027. Les deux tours restent fixés aux 18 avril et 2 mai, alors que le second tour doit intervenir au lendemain de la mobilisation du 1er-Mai. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé cette position mercredi 28 octobre à l’issue du Conseil des ministres.
Cette question a ressurgi après les violences survenues lors de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère. Le rapprochement entre la date du rassemblement du 1er-Mai et celle du second tour fait craindre à certains responsables politiques des troubles susceptibles d’affecter le déroulement du scrutin. L’exécutif estime toutefois que ces risques ne justifient pas, à ce stade, une modification des dates annoncées.
« Il n’y a pas de raison de changer ces dates, sauf à poser un genou à terre face aux délinquants, aux casseurs, aux factieux qui ont semé la terreur ces derniers jours et ces dernières semaines dans le pays », a déclaré Maud Bregeon.
La porte-parole a également défendu l’action des pouvoirs publics lors des rassemblements récents. Selon elle, « l’État a démontré (...) le week-end dernier qu’il savait (...) avoir le dessus ». La position gouvernementale consiste donc à maintenir l’organisation électorale prévue tout en assurant la sécurité des manifestations et des bureaux de vote, sans considérer que les débordements annoncés doivent conduire à déplacer l’échéance présidentielle.
Les arguments avancés pour un changement
Le débat a notamment été relancé par Bruno Retailleau, candidat LR. Dans une lettre adressée au Premier ministre, Sébastien Lecornu, il a estimé que la sincérité du scrutin pouvait être en jeu si des violences se produisaient à proximité immédiate du second tour. Il a défendu l’idée d’avancer d’une semaine les deux tours, qui se tiendraient alors les 11 et 25 avril 2027.
Bruno Retailleau a aussi exposé cette position sur RTL et Europe1/CNews. Il a demandé si, après d’éventuels troubles la veille du vote, les électeurs pourraient se rendre aux urnes dans des conditions normales. Dans les éléments rapportés par RTL, il a évoqué l’hypothèse d’un pays « pillé, saccagé, incendié » pour justifier son refus de conserver un second tour immédiatement après le 1er-Mai.
Des positions différentes au sein du débat politique
Le chef des députés MoDem, Marc Fesneau, s’est opposé à l’idée d’un déplacement du scrutin. Il a considéré qu’une telle décision reviendrait à « donner raison aux casseurs » et à « baisser les bras » face à eux. Il a également contesté l’idée selon laquelle les violences du 1er-Mai devraient être tenues pour acquises, en déclarant que le débat revenait à « acter le principe que le 1er-Mai par nature, va être désastreux et qu’il y aura des violences ».
| Élément | Calendrier annoncé | Proposition évoquée |
|---|---|---|
| Premier tour | 18 avril 2027 | 11 avril 2027 |
| Second tour | 2 mai 2027 | 25 avril 2027 |
Le gouvernement a finalement écarté l’hypothèse d’une avance du scrutin, alors que certains membres de l’exécutif s’interrogeaient encore sur la possibilité de fixer le second tour au 25 avril 2027. La décision annoncée mercredi maintient donc le calendrier initial et renvoie la réponse aux tensions éventuelles à l’organisation de la sécurité publique. La question reste néanmoins un sujet de débat entre le gouvernement et les responsables politiques qui estiment que la proximité entre une mobilisation nationale et un vote présidentiel pourrait peser sur les conditions de participation.
Pour comprendre
L’élection présidentielle se déroule en deux tours lorsque aucun candidat n’obtient la majorité requise au premier. Le calendrier électoral détermine les périodes de campagne, les opérations de vote et les conditions matérielles d’organisation du scrutin. Modifier ces échéances ne consiste donc pas seulement à déplacer une date : cela suppose de préserver la régularité du vote, l’égalité entre les candidats et la possibilité pour les électeurs de participer librement.