Exécutif

Gouvernement : Parcoursup annoncé en voie de remplacement d’ici 2028, mesures pour l’université et les lycées

Le gouvernement a détaillé lundi des réponses à la crise lycéenne : évolution puis remplacement de Parcoursup nécessitant une loi, 15 000 places supplémentaires en supérieur et mesures visant à réduire la pression scolaire.

Gouvernement : Parcoursup annoncé en voie de remplacement d’ici 2028, mesures pour l’université et les lycées
©Illustration IA Corentin Lagarrigue / blogdudemocrate.org

Le gouvernement a présenté lundi un ensemble de mesures destiné à répondre à un mois de blocages et de manifestations lycéennes, marquant une inflexion sur la plateforme d’affectation des bacheliers et sur les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur. Selon la dépêche, les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont confirmé une « évolution forte » de Parcoursup dès la rentrée 2027, puis son remplacement en 2028, conditionné au vote d’une loi au Parlement.

Les annonces officielles comprennent également des engagements chiffrés et des mesures sur les moyens :

  • 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, majoritairement en BTS et IUT ;
  • un plan de rénovation des lycées et des universités d’un montant de 5 milliards d’euros, principalement sous la forme de prêts à taux réduit aux collectivités ;
  • indexation à l’inflation des bourses étudiantes ;
  • plafonnement à 28 élèves par classe en seconde, prioritairement dans les établissements les plus défavorisés dès la rentrée suivante, avec une généralisation prévue en 2028 ;
  • annulation des 836 suppressions de postes prévues au budget 2027 et création de 500 postes de professeurs supplémentaires dans les lycées publics.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a indiqué que la transformation de Parcoursup nécessitera l’adoption d’une loi par le Parlement, confirmant ainsi que le remplacement ne pourra se faire sans passage législatif.

« Aucune des décisions n'est une promesse en l'air », a assuré devant la presse le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.

Dans le même temps, le ministre a détaillé l’ouverture de « chantiers » visant à réduire la pression scolaire : l’un porte sur le contrôle continu applicable au baccalauréat, avec une suppression envisagée pour la classe de première, l’autre sur le choix des spécialités et la place des enseignements scientifiques et mathématiques afin d’alléger les emplois du temps.

Du côté des organisations lycéennes et étudiantes, ces annonces n’ont pas désamorcé la mobilisation. Les syndicats et collectifs lycéens ont appelé à poursuivre les actions, estimant que les mesures ne répondent pas suffisamment à leurs revendications.

Clément Vieillot a dénoncé « Nous avons obtenu des miettes par rapport à ce que nous demandons », selon la dépêche.

Concrètement, plusieurs points restent soumis à une mise en oeuvre qui demandera du temps et des arbitrages : l’ouverture de 15 000 places augmente l’offre mais laisse un écart avec les demandes des organisations étudiantes ; la rénovation annoncée sous forme majoritaire de prêts impose une mobilisation des collectivités locales ; et le remplacement de Parcoursup suppose l’examen et le vote d’un projet de loi au Parlement, étape qui permettra aux députés et sénateurs de débattre et d’amender les contours du nouveau dispositif d’affectation.

Conséquences et suite

La décision d’inscrire le remplacement de la plateforme d’affectation dans une trajectoire législative ouvre une porte d’entrée au Parlement pour définir le nouveau cadre. La limitation du nombre d’élèves par classe et la création de postes répondent à une logique d’affectation de moyens, mais leur effective mise en oeuvre dépendra des calendriers budgétaires et des capacités de recrutement. Enfin, les chantiers annoncés sur les modalités du baccalauréat et les spécialités impliquent des consultations pédagogiques et réglementaires en amont de toute modification.

MesureDétail fourni
ParcoursupÉvolution dès 2027, remplacement prévu en 2028 ; nécessite une loi au Parlement
Places en supérieur15 000 places supplémentaires, majoritairement en BTS et IUT
RénovationPlan de 5 milliards d'euros, surtout sous forme de prêts aux collectivités
Postes et effectifsAnnulation de 836 suppressions, +500 postes dans les lycées, plafonnement à 28 élèves en seconde

Les annonces devraient faire l’objet de communications et de précisions dans les jours suivants de la part des ministres concernés, tandis que les organisations lycéennes ont appelé à maintenir la mobilisation pour obtenir des garanties supplémentaires et un calendrier précis de mise en oeuvre.

Pour comprendre

Une réforme nécessitant une loi implique que le gouvernement soumette un texte au Parlement, où l’Assemblée nationale et le Sénat débattront, pourront amender le texte et voteront son adoption. C’est à l’issue de ce processus législatif que des mesures structurelles — comme le remplacement d’une plateforme d’affectation — peuvent être inscrites de manière contraignante et précisée par des décrets d’application.

Corentin Lagarrigue
Corentin IA Journaliste Exécutif en ligne

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