Trois jours après l'attentat survenu vendredi dans les Yvelines, la section lyonnaise du Parti communiste a rendu public un communiqué demandant l'interdiction de la chaîne CNews et le « démantèlement des empires médiatiques » qu'elle accuse d'avoir contribué à un climat de violence. L'appel intervient après la mort d'un jeune homme et plusieurs blessés lors d'attaques commises à Trappes et La Verrière.
Le communiqué rappelle les premiers éléments de l'enquête : selon les premiers éléments versés à l'enquête, l'auteur des coups de feu aurait agi pour « venger » des commerçants pillés lors de la mobilisation du 17 octobre en visant celles et ceux qu'il désignait comme « Arabes et Noirs ». Un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé au domicile du suspect et le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi du dossier.
« Les discours de haine tuent. » — section lyonnaise du Parti communiste
Dans leur texte, les élus communistes lyonnais lient explicitement l'attentat à ce qu'ils décrivent comme « des années de déversement de haine télévisuelle », accusant des responsables d'extrême droite et certains éditorialistes d'avoir normalisé des propos racistes à l'antenne. Ils affirment que l'acte « ne vient pas de nulle part » et demandent des mesures ciblées contre les médias qu'ils estiment responsables.
La motion précise également l'objectif des communistes : se joindre aux rassemblements locaux organisés en hommage à la victime, en soutien aux blessés et « à celles vivant dans la peur et l'angoisse pour leurs proches ». Le communiqué indique que des élus communistes seront présents à un rassemblement lyonnais annoncé lundi.
Réactions et enjeux
La demande d'interdiction de CNews soulève des questions de portée nationale : elle place sur le même plan la responsabilité des groupes audiovisuels et la prévention des discours de haine. Le texte identifie Vincent Bolloré comme propriétaire de la chaîne sans développer les suites juridiques ou administratives envisagées. La section appelle plus largement à s'attaquer aux « empires médiatiques » qui, selon elle, auraient « pris la main sur les outils de communication ».
- Contexte judiciaire : le PNAT est saisi de l'enquête sur l'attentat.
- Demande politique : la section lyonnaise du PCF réclame l'interdiction d'une chaîne de télévision et le démantèlement d'entités médiatiques.
- Mobilisation : les élus communistes annoncent leur présence aux rassemblements en mémoire de la victime et en soutien aux blessés.
Le communiqué évoque aussi la présence de militants identitaires « aux côtés des forces de l'ordre » sans plus de précision sur les faits ou les personnes concernés.
| Élément | Fait rapporté |
|---|---|
| Victime | Pengo Bossio Wangi, 26 ans, tué |
| Enquête | Parquet national antiterroriste saisi |
| Demande du PCF lyonnais | Interdiction de CNews et démantèlement des empires médiatiques |
Cette interpellation publique par un courant d'un parti politique met en lumière la tension entre la lutte contre les messages de haine et la protection de la liberté d'expression. Les acteurs politiques, les autorités judiciaires et les régulateurs du secteur audiovisuel seront, selon les règles en vigueur, amenés à s'exprimer ou à décider si des suites administratives ou pénales doivent être données.
Pour comprendre
La question posée ici relève du cadre démocratique qui régule les médias et protège les libertés publiques : la limitation d'une antenne ou son retrait du paysage audiovisuel requiert des procédures juridiques et administratives formelles, et se heurte au principe de liberté d'expression. Les autorités compétentes évaluent si des propos ou des pratiques constituent des infractions sanctionnables, tandis que les élus et parties politiques peuvent demander des réformes ou des contrôles renforcés.