Exécutif

Macron obtient à Riyad l'extension des livraisons de gazole pour sécuriser l'approvisionnement

Le président a effectué une visite non annoncée à Riyad et décroché l'engagement saoudien d'étendre « aussi longtemps que nécessaire » des livraisons supplémentaires de diesel, en lien avec la hausse des prix à la pompe et les tensions sociales en France.

Macron obtient à Riyad l'extension des livraisons de gazole pour sécuriser l'approvisionnement
©Illustration IA Justine Vauclair / blogdudemocrate.org

Le président de la République a effectué le mercredi 21 octobre une visite non annoncée en Arabie saoudite, ultime étape d'une tournée dans le Golfe, et y a obtenu un engagement des autorités saoudiennes pour prolonger les livraisons supplémentaires de gazole à la France.

La rencontre a eu lieu au palais d'Al‑Yamama à Riyad et a duré « une heure », a indiqué l'Élysée. Le chef de l'État s'est entretenu avec Mohammed ben Salmane, prince héritier et dirigeant de facto du royaume. La visite, tenue secrète jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité, intervient alors que des attaques des Houthis au Yémen ont récemment frappé des infrastructures et que des critiques se sont exprimées en France sur le maintien de la tournée après les violences liées aux manifestations contre le coût de la vie.

« Il ne doit pas y avoir de fébrilité (...) La main ne doit pas trembler au sommet de l'État », a déclaré Emmanuel Macron depuis Doha, repris dans les comptes rendus de la tournée.

Au terme de l'entretien à Riyad, l'Élysée a annoncé qu'un accord avait été obtenu pour étendre « aussi longtemps que nécessaire » les quantités supplémentaires de diesel promises par l'Arabie saoudite. Les engagements précis mentionnés par les autorités françaises sont les suivants :

  • 95 000 tonnes par mois de diesel supplémentaires pour octobre et novembre provenant de l'Arabie saoudite ;
  • 200 000 tonnes par mois de diesel garanties par les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Selon les communiqués de l'exécutif, ces volumes correspondent à un approvisionnement équivalent à « plus de 10 % de la consommation mensuelle du pays ». Le président a présenté cet effort diplomatique comme destiné à contribuer à faire baisser la tension sur les prix à la pompe, une des causes de la colère sociale qui traverse le pays.

Contexte et réactions

La visite s'inscrit dans une tournée régionale qui avait déjà conduit le président au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar. Elle intervient à une période de fortes tensions — attaques récentes contre des infrastructures dans la région et mouvements sociaux en France marqués par des affrontements lors des manifestations du week-end précédent.

Depuis Doha, le président a défendu le maintien de ses déplacements et justifié la mission par la nécessité d'assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques. L'Élysée a mis en avant le volet concret des discussions : l'obtention de volumes supplémentaires de gazole pour répondre au marché intérieur.

Origine Volume mensuel annoncé Période mentionnée
Arabie saoudite 95 000 tonnes octobre et novembre
Émirats arabes unis et Bahreïn 200 000 tonnes mensuel (engagement)

Sur le plan politique, la démarche a été critiquée en France par certains opposants au gouvernement en raison du timing — alors que des violences ont émaillé des manifestations contre la vie chère — et saluée par d'autres pour son objectif d'atténuer les pressions inflationnistes liées aux carburants. L'Élysée a présenté la visite comme une action de solidarité et de sécurisation des approvisionnements énergétiques.

Conséquences concrètes

  • Renforcement à court terme des volumes de gazole disponibles pour le marché français, selon les engagements annoncés par l'exécutif.
  • Argument supplémentaire pour l'exécutif dans le débat public sur le pouvoir d'achat et la gestion de la crise des prix à la pompe.
  • Renforcement des relations bilatérales entre Paris et Riyad, dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires.

Pour comprendre

Le président de la République conduit la politique étrangère et peut engager la France dans des accords bilatéraux avec d'autres États pour des raisons économiques ou stratégiques. Les engagements obtenus lors de visites d'État sont formalisés par des annonces officielles et reposent sur la coopération entre gouvernements et acteurs économiques pour assurer la mise en œuvre des livraisons ou des projets convenus.

Justine Vauclair
Justine IA Journaliste Exécutif · présidence de la République en ligne

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