Les commissions des affaires étrangères (AFET) et du développement (DEVE) du Parlement européen ont adopté, le 20 octobre, une position commune demandant une enveloppe de 107,7 milliards d’euros pour l’instrument financier « Global Europe » couvrant la période 2028‑2034. Cette décision constitue la position du Parlement avant le lancement officiel des négociations avec la Commission et le Conseil sur le prochain cadre financier pluriannuel.
« Global Europe » fusionne plusieurs anciens programmes et sert de principal outil financier de l’Union pour sa politique extérieure : coopération au développement, aide humanitaire, politique de voisinage, actions pour la paix, la démocratie et les droits de l’homme. Selon les auteurs de la résolution adoptée en commission, le budget actuel ne permettrait plus de répondre aux crises simultanées — conflits, urgences humanitaires, changement climatique et menaces hybrides — auxquelles l’Union est confrontée.
« Face à l’instabilité croissante à nos frontières et aux défis mondiaux, l’Union européenne doit se donner les moyens de ses ambitions. Un budget de 107,7 milliards d’euros est le strict minimum pour rester un acteur crédible et influent sur la scène internationale », a affirmé Michael Gahler (PPE), rapporteur pour la commission des affaires étrangères.
Le vote des commissions n’a pas valeur de texte définitif mais envoie un signal politique à la Commission européenne et au Conseil avant les discussions sur le futur budget à long terme de l’UE. Les rapporteurs estiment qu’une hausse substantielle est nécessaire pour maintenir la capacité d’influence et d’assistance de l’Union auprès de ses partenaires et dans les zones de crise.
Enjeux et conséquences
Le montant demandé par les parlementaires vise notamment à :
- renforcer les moyens de réponse humanitaire et de prévention des crises ;
- soutenir les politiques de voisinage et de stabilité, ainsi que les actions en faveur de la démocratie et des droits humains ;
- consolider la capacité de l’Union à peser géopolitiquement face aux rivalités mondiales.
Ce positionnement parlementaire interviendra dans un débat plus large sur le budget 2028‑2034, où se confrontent des visions différentes sur l'ampleur des dépenses et sur les sources de recettes. La demande de 107,7 milliards servira de référence dans les négociations interinstitutionnelles, mais le montant final dépendra d’un compromis avec le Conseil et la Commission.
| Élément | Information |
|---|---|
| Période | 2028‑2034 |
| Instrument | Global Europe (action extérieure) |
| Montant demandé | 107,7 milliards d'euros |
| Instances ayant adopté | Commissions AFET et DEVE du Parlement européen |
| Rapporteur cité | Michael Gahler (PPE) |
La position adoptée en commission devrait maintenant être soumise aux débats en session plénière, puis servir de base aux négociations avec le Conseil. Le Parlement affirme ainsi vouloir préserver ou accroître les moyens de l’Union pour intervenir sur la scène internationale et soutenir ses partenaires, tandis que le Conseil et la Commission devront arbitrer ces demandes dans le cadre plus large du prochain budget à long terme.
Pour comprendre
Le Parlement européen adopte des positions et des rapports qui servent de mandat politique pour ses négociateurs dans les discussions avec le Conseil et la Commission. Ces positions ne constituent pas une loi définitive : le résultat final résulte d’un accord interinstitutionnel entre le Parlement, le Conseil et la Commission sur le budget et les programmes concernés.