La Commission européenne a annoncé le 26 octobre 2026 avoir accepté le plan d'action présenté par le détaillant en ligne chinois Temu pour répondre à des manquements au règlement sur les services numériques (DSA).
Cette approbation intervient après qu'en mai 2026 l'Union européenne ait infligé à la plateforme une amende de 200 millions d'euros. La sanction faisait suite à une enquête formelle ouverte en octobre 2024, qui avait conclu que Temu avait autorisé la vente sur sa place de marché de produits illégaux et dangereux, notamment des jouets pour bébés et des chargeurs défectueux, sans identifier ni traiter correctement les risques pour les consommateurs européens.
Dans son plan d'action, Temu s'engage, selon la Commission, à mener une analyse des risques, à renforcer la surveillance des mesures visant à empêcher la mise en vente de produits illégaux et à revoir le fonctionnement de ses systèmes de recommandation, qui « peuvent amplifier la diffusion de produits illégaux », a précisé l'exécutif européen.
« Nous apprécions l'approche constructive de la Commission à notre égard tout au long de ce processus », a indiqué Temu dans un communiqué, ajoutant que le plan « constitue une preuve claire de l'engagement de Temu à investir dans une infrastructure de conformité robuste afin de garantir un environnement d'achat sûr et fiable pour tous les utilisateurs de l'UE ».
La Commission souligne que l'acceptation du plan vise à s'assurer que Temu se conforme aux obligations prévues pour les plateformes désignées comme très grandes plateformes en ligne au titre du DSA. L'enquête des services européens avait pointé l'absence de traitement adéquat des risques liés aux produits dangereux et illégaux mis en vente à des consommateurs européens.
Conséquences et enjeux pour les consommateurs et le marché
Pour les autorités nationales et les consommateurs, la décision de la Commission marque une étape dans l'application pratique du DSA : la validation d'un plan de conformité peut permettre de mesurer l'efficacité des mesures prises par une plateforme avant d'envisager d'autres sanctions. Temu, qui revendique selon la Commission quelque 130 millions d'utilisateurs dans l'UE à 27, reste l'une des grandes places de marché visées par les obligations renforcées du règlement.
- Renforcement des contrôles internes : Temu promet d'améliorer ses dispositifs de détection et de prévention des ventes illicites.
- Surveillance des recommandations : la plateforme doit revoir ses algorithmes susceptibles d'amplifier la visibilité de produits non conformes.
- Suivi par la Commission : l'exécutif européen gardera la main sur l'exécution du plan et l'efficacité des mesures mises en place.
Les autorités européennes ont indiqué que l'acceptation d'un plan d'action n'efface pas les manquements constatés ni ne confère d'automaticité en matière de financement : il s'agit d'une réponse encadrée par la procédure administrative du DSA qui vise à remédier aux risques identifiés pour les consommateurs européens.
| Élément | Information citée |
|---|---|
| Amende prononcée | 200 millions d'euros (mai 2026) |
| Statut réglementaire | Plateforme désignée comme très grande plateforme en ligne au titre du DSA |
| Utilisateurs dans l'UE | 130 millions selon la Commission |
Temu a salué l'approbation par les régulateurs européens, qualifiant ce plan d'élément central de son investissement dans une « infrastructure de conformité robuste ». La Commission reste toutefois en position de contrôle pour vérifier l'application effective des engagements pris.
Pour comprendre
Le règlement sur les services numériques (DSA) impose aux plateformes en ligne des obligations proportionnées à leur taille et à leur risque pour les utilisateurs : les très grandes plateformes doivent notamment évaluer les risques liés aux biens et contenus mis en ligne, prendre des mesures de mitigation et rendre compte de leurs pratiques aux autorités compétentes. La Commission et les autorités nationales peuvent sanctionner les manquements et exiger des plans d'action pour rétablir la conformité.