À la veille de l'examen au Sénat du projet de loi dit « casseurs‑payeurs », le patron des députés Horizons, Laurent Marcangeli, a proposé que La France insoumise contribue financièrement au remboursement des dégâts causés lors des manifestations auxquelles le mouvement participe. L'intervention, enregistrée vendredi et diffusée dimanche 25 octobre 2026 sur Radio J, intervient dans un contexte de vifs débats après les violences et les pillages survenus le 17 octobre.
Dans son entretien, M. Marcangeli a mis en avant la question de la responsabilité politique et financière des formations politiques lorsque des rassemblements dégénèrent. Il a notamment suggéré d'envisager le recours à la « dotation publique » du parti pour participer aux réparations, rappelant le montant de cette aide telle que mentionnée dans l'entretien.
« Si vous êtes solidaires des casseurs, puisque visiblement c’est le cas, vous n’avez qu’à participer aux réparations avec vos dotations publiques », a déclaré Laurent Marcangeli.
Réactions et enjeux parlementaires
La proposition intervient alors que le projet de loi gouvernemental dit « casseurs‑payeurs » doit être examiné au Sénat, un texte visant à permettre d'engager la responsabilité civile de participants à des rassemblements violents même s'ils n'ont pas personnellement commis les dégradations, selon les éléments publiés sur le sujet. La mesure suscite un débat sur l'articulation entre responsabilité individuelle et responsabilités collectives ou politiques.
La France insoumise, citée dans les débats récents, a dénoncé des accusations de responsabilité dont elle fait l'objet après les événements du 17 octobre ; le parti a, selon plusieurs comptes rendus, saisi la justice et qualifié certaines accusations de « scandale d'État » (formulation rapportée par la presse).
Chiffres et revendications évoqués
- La Fondation IFRAP a été citée pour un chiffrage des dégâts matériels liés à l'Acte I des mobilisations du 17 octobre, évalués à 910 millions d’euros dans les éléments rendus publics.
- La dotation publique attribuée à La France insoumise a été évoquée dans l'entretien, mentionnée comme s'élevant à 4 millions d’euros.
Interroger la destination des financements publics des partis et leur emploi en cas de réparations pour des dommages causés lors de manifestations ouvre un débat à la fois juridique et politique : qui doit répondre financièrement des dégradations ? La proposition formulée par M. Marcangeli relance la discussion sur la portée et les limites de la responsabilité collective et sur la place des partis dans la réparation des préjudices liés aux mobilisations sociales.
Conséquences possibles
Si l'idée d'utiliser des dotations publiques pour compenser des dégradations était retenue, elle poserait des questions de principe et de mise en œuvre : comment lier un financement public à des faits commis par des individus au sein d'un mouvement plus large ? Quelles garanties juridiques et procédures seraient nécessaires pour déterminer une contribution d'un parti ? Ces interrogations renvoient au travail parlementaire en cours sur le projet de loi et à l'arbitrage que devront opérer les assemblées.
| Élément cité | Source dans l'entretien |
|---|---|
| Montant des dégâts (Acte I) | 910 millions d’euros (Fondation IFRAP, cité) |
| Dotation publique de LFI évoquée | 4 millions d’euros (chiffre mentionné dans l'entretien) |
Pour comprendre
Le projet de loi « casseurs‑payeurs » vise à encadrer la réparation des dommages causés lors d'émeutes ou de manifestations violentes en facilitant l'engagement de la responsabilité civile des participants. L'examen d'un texte par le Sénat est une étape du processus législatif français où les sénateurs débattent, amendent et votent des dispositions avant une éventuelle navette avec l'Assemblée nationale.