Des responsables de la coordination des « gilets jaunes » ont lancé, samedi, un appel à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 31 octobre pour « défendre les libertés publiques », avec des rassemblements et des sit-in devant l’Assemblée nationale et les mairies françaises, ont rapporté plusieurs médias français.
Lors d’une conférence de presse tenue place de la Bastille à Paris, Benjamin Ball et Azelma Sigaux ont expliqué vouloir rassembler lycéens, étudiants, travailleurs, paysans, retraités et « gilets jaunes » dans des « assemblées de convergence ». Ils ont présenté cette convocation comme une réponse à ce qu’ils décrivent comme une absence d’écoute des revendications sociales et un recul des libertés.
« Nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés », a déclaré Benjamin Ball et Azelma Sigaux.
Leur appel intervient au lendemain d’une nouvelle journée de manifestations contre la vie chère et en soutien aux revendications lycéennes, marquée la semaine précédente par des violences et des pillages le 17 octobre. Plusieurs cortèges prévus ce samedi avaient été interdits par les préfectures, selon la presse, et des parcours ont été modifiés par les autorités de police.
Mesures prises par les autorités
À Paris, la préfecture de police a interdit le parcours traditionnel de Bastille à Nation et autorisé un itinéraire alternatif entre la porte d’Italie et la porte de Vincennes, toujours selon la presse. Les autorités ont par ailleurs annoncé la mobilisation d’environ 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire pour faire face aux rassemblements et aux risques d’échauffourées.
- Appel à des rassemblements et sit-in devant l’Assemblée nationale et les mairies.
- Organisation d’« assemblées de convergence » réunissant divers publics (lycéens, étudiants, travailleurs, paysans, retraités).
- Dispositif sécuritaire national annoncé : mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes, interdictions et itinéraires modifiés dans plusieurs villes.
Les porte-parole de la coordination ont dit vouloir faire de cette journée un moment d’union des diverses colères sociales et de défense des droits civiques. Ils ont qualifié leur initiative de nécessité pour « l’union » des mouvements sociaux, sans détailler un calendrier précis d’actions au-delà du 31 octobre.
Contexte et réactions attendues
Le rappel de la date du 31 octobre intervient alors que les autorités, confrontées à des manifestations récentes ayant dégénéré en violences et pillages, ont durci les contrôles et multiplié les interdictions de cortège. Les annonces de la coordination font donc écho aux débats en cours sur la conciliation entre maintien de l’ordre et protection des libertés publiques, notamment celle de manifester.
La tenue effective des rassemblements le 31 octobre dépendra des décisions préfectorales locales sur les parcours et des mesures de sécurité décidées par le ministère de l’Intérieur. Les manifestations pourraient aussi provoquer des réactions politiques et des actions judiciaires si des débordements surviennent, comme cela a été le cas après les événements du 17 octobre.
| Élément | Information fournie |
|---|---|
| Date annoncée | 31 octobre |
| Lieux ciblés | Assemblée nationale, mairies françaises |
| Effectif sécuritaire annoncé | 70 000 policiers et gendarmes |
Les organisateurs ont expliqué vouloir articuler actions de rue et assemblées pour construire un front commun des différentes catégories sociales affectées par la hausse du coût de la vie et par les décisions gouvernementales qu’ils jugent attentatoires aux libertés. La presse note que plusieurs organisations et groupes lycéens ont déjà mené des actions récentes et que le climat social reste tendu.
Pour comprendre
Le droit de manifester relève de la liberté de réunion pacifique, garantie par le code et encadrée par les préfectures qui peuvent imposer des règles d’itinéraire ou des interdictions pour des raisons d’ordre public. Les autorités doivent équilibrer la protection de l’ordre et la garantie des libertés: elles peuvent interdire un rassemblement si des risques sérieux sont avérés, mais leurs décisions sont susceptibles de recours devant les juridictions administratives.