Le parquet a demandé cinq ans d'emprisonnement ferme et une amende de 200 000 dinars à l'encontre du journaliste et poète Abdelali Mezghiche, jugé pour des publications diffusées sur sa page Facebook. Détenu depuis le 9 février, il a vu l'audience s'achever sur les plaidoiries de sa défense, qui conteste l'ensemble des poursuites, selon laradiodessansvoix.org.
Me Fatiha Rouibi et Me Abdallah Habboul, avocats de la défense, ont exposé la nature des charges et leur contexte juridique, puis ont remis en cause les accusations en s'appuyant sur les textes de loi et les éléments du dossier, rapporte le média. Les poursuites portent sur cinq chefs d'inculpation parmi lesquels figurent la diffusion de publications jugées susceptibles de porter atteinte à l'intérêt national, l'incitation à un attroupement non armé et la diffusion de discours de haine et de racisme, indique la même source.
Contexte procédural
Après sa présentation au parquet de Chéraga le 9 février, Abdelali Mezghiche a été déféré devant un juge d'instruction, qui l'a placé en détention provisoire à la prison de Koléa. Me Rouibi a fait appel de cette ordonnance. Le 22 février, la chambre d'accusation de la cour d'Alger a confirmé le maintien en détention et rejeté une demande de mise en liberté provisoire. Une nouvelle demande de la défense a également été écartée le 13 mai, ajoute laradiodessansvoix.org.
La défense affirme que son client estime avoir exercé son métier et son droit à la parole. Après une visite, Me Rouibi a déclaré avoir trouvé le journaliste « sous le choc de la nature des accusations », selon le média.
Éléments liés aux publications
Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la page Facebook visée compte plus de 130 000 abonnés. Le CPJ précise que les publications incriminées ne sont plus accessibles. Des interprétations médiatiques et politiques rattachent l'arrestation à des publications montrant l'ancien dirigeant Abdelaziz Belkhadem descendant d'un avion à Djanet, dans le sud du pays, alors que des démarches étaient en cours, selon ces lectures externes. Laradiodessansvoix.org note toutefois que cette hypothèse reste extérieure au dossier et qu'aucun chef d'inculpation ne la mentionne formellement.
Réactions et enjeux
La défense conteste la qualification des faits et plaide l'exercice du droit à informer et à s'exprimer. Le ministère public, pour sa part, a requis les peines mentionnées en se fondant sur les incriminations présentées devant la juridiction. Laradiodessansvoix.org rapporte ces éléments factuels sans autre appréciation.
- Durée de détention provisoire : détenu depuis le 9 février et maintenu en détention après plusieurs décisions judiciaires;
- Demandes de la défense : appels et requêtes de mise en liberté rejetés à différentes étapes;
- Audience : clôture sur les plaidoiries et réquisitions du parquet.
| Chef poursuivi | Information |
|---|---|
| Atteinte à l'intérêt national | Inculpation mentionnée par le parquet (laradiodessansvoix.org) |
| Incitation à un attroupement non armé | Inculpation retenue par le ministère public |
| Diffusion de discours de haine et de racisme | Parquet : chef figurant dans l'acte d'accusation |
La procédure est suivie et relatée par des organisations de défense de la presse comme le CPJ, qui documentent notamment l'importance de l'audience en raison de la taille de la communauté en ligne du journaliste. Laradiodessansvoix.org note que certaines lectures médiatiques et politiques de l'affaire existent, mais précise que ces éléments ne figurent pas dans l'acte d'accusation.
Pour comprendre
La détention provisoire est une mesure ordonnée par un juge d'instruction pour garantir la tenue de l'enquête ou la sécurité publique ; elle n'établit pas la culpabilité. Les réquisitions du parquet indiquent la peine demandée par le ministère public mais c'est la juridiction saisie qui décidera, après délibération, de la condamnation ou de l'acquittement.