Lors des assises des autorités traditionnelles du Sud, le chef de l’État, colonel Michaël Randrianirina, a exprimé son soutien au rétablissement d’un service national hors service militaire. Dans un discours prononcé à Ihosy, il a déclaré que les modalités de remise en application « sont en cours d’étude » au niveau de l’Exécutif, sans préciser de calendrier ni d’éléments pratiques supplémentaires.
Le chef de l’État a motivé sa position par des considérations éducatives et civiques. Il a affirmé que ce dispositif visait à transmettre aux jeunes des principes liés à la discipline, à la responsabilité et au patriotisme. Il a également estimé que « la jeunesse manque cruellement de discipline », formulation qu’il a prononcée au cours de son allocution.
« la jeunesse manque cruellement de discipline » — colonel Michaël Randrianirina
Contexte institutionnel
Le service national existe dans le droit malgache depuis une ordonnance de 1978 qui le définit comme participant à la défense nationale et au développement économique et social du pays. La pratique a évolué depuis : un décret de 1992 avait supprimé le caractère obligatoire du service national, le rendant basé sur le volontariat. Le chef de l’État rappelle toutefois l’histoire de cette institution en évoquant un réajustement des modalités plutôt qu’un simple retour à une formule antérieure.
Ce qui a été annoncé et ce qui reste à préciser
- Annonce : le chef de l’État s’est dit favorable au rétablissement d’un service national hors service militaire.
- Argument avancé : inculquer la discipline, le sens de la responsabilité et le patriotisme aux jeunes.
- Etat des lieux : les modalités pratiques, la durée, l’obligation éventuelle et le calendrier restent « en cours d’étude » par l’Exécutif.
| Élément | Ce qui est connu | Ce qui reste à préciser |
|---|---|---|
| Position du chef de l’État | Favorable au rétablissement | Modalités de mise en œuvre |
| Statut légal antérieur | Ordonnance de 1978, décret de 1992 ayant rendu le service volontaire | Forme précise du futur dispositif (obligatoire/volontaire, durée, missions) |
Plusieurs questions pratiques se posent désormais pour l’Exécutif : quelles missions seraient confiées aux participants (militaires, civiques, sociales, de formation professionnelle) ; quel serait le statut légal et financier des participants ; et si le dispositif serait rendu obligatoire ou resterait sur la base du volontariat. Aucun élément de réponse n’a encore été fourni publiquement.
La déclaration a relancé le débat sur le rôle éducatif et civique que pourrait jouer un service à l’échelle nationale, ainsi que sur les conséquences administratives et budgétaires d’une telle mesure. Les collectivités, les ministères concernés et les assemblées parlementaires devront être consultés si le projet avance vers une phase de conception et de vote.
Pour comprendre
Le service national est un dispositif public visant à associer des jeunes à des missions d’intérêt général, qui peut prendre des formes militaires ou civiles selon les choix politiques. Son organisation implique des décisions sur le caractère obligatoire ou volontaire, la durée, le contenu des formations et le financement ; ces décisions relèvent de l’Exécutif et, selon la législation, peuvent nécessiter des textes réglementaires ou une loi pour être mises en œuvre.