Le Conseil des ministres européens de l’Agriculture a approuvé cette semaine le principe du retour du Posei dans le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne, prévu pour la période 2028-2034. Ce programme apporte un soutien spécifique aux filières agricoles des régions ultrapériphériques, parmi lesquelles figure La Réunion. La décision ne constitue pas encore l’adoption définitive de l’ensemble du cadre financier, mais elle crée une base politique pour maintenir le dispositif dans la prochaine programmation européenne.
La France a porté cette demande avec l’Espagne et le Portugal. Les trois pays ont obtenu la réintégration du règlement consacré au Posei ainsi que le principe d’une prise en charge intégrale par le budget européen. Dans les régions concernées, le mécanisme est présenté comme un instrument destiné à compenser les contraintes liées à l’éloignement et à l’insularité, et à soutenir des productions agricoles qui ne bénéficient pas des mêmes conditions que celles du continent européen.
Le dossier avait déjà franchi une étape au Parlement européen. En avril 2026, les députés européens s’étaient prononcés à une large majorité en faveur du rétablissement du programme et du doublement de ses moyens. Le vote du Conseil des ministres de l’Agriculture permet désormais de rapprocher les positions des deux institutions qui interviennent dans l’adoption des textes et des orientations budgétaires de l’Union.
« Cette convergence des deux institutions, qui participent à l’adoption de la législation européenne, ouvre la voie à la sauvegarde du fonds agricole européen spécifique aux outre-mers, le Posei. »
Younous Omarjee, eurodéputé réunionnais et vice-président du Parlement européen, a salué l’accord intervenu au Conseil. Il a également estimé que le rapprochement entre les représentants des États membres et le Parlement européen constituait une étape attendue pour les agriculteurs et les territoires concernés. Ses déclarations inscrivent l’accord dans la suite du vote parlementaire du printemps, sans toutefois préjuger du contenu final du futur budget.
Un financement à préciser dans le prochain cadre budgétaire
Le principe défendu par la France, l’Espagne et le Portugal prévoit que les crédits consacrés au Posei soient assurés à 100 % par l’Union européenne. Le dispositif est ainsi rattaché aux discussions plus larges sur le cadre financier pluriannuel couvrant les années 2028 à 2034. Les montants et les modalités détaillées devront encore être arrêtés dans la suite de la procédure budgétaire européenne.
- Période concernée : le budget pluriannuel européen 2028-2034.
- Étape franchie : le Conseil des ministres européens de l’Agriculture a acté le principe de la réintégration du Posei.
- Position défendue par la France : un financement spécifique entièrement assuré par des crédits européens, avec l’Espagne et le Portugal.
Pour les filières agricoles ultramarines, l’enjeu porte sur la continuité d’un soutien adapté aux caractéristiques des régions ultrapériphériques. Le maintien du programme est également associé, dans les éléments présentés après l’accord, à la souveraineté alimentaire et au développement économique de ces territoires. À ce stade, l’accord du Conseil et le vote antérieur du Parlement montrent une convergence entre les deux institutions, mais la construction du budget européen doit encore se poursuivre avant l’entrée en vigueur de la prochaine programmation.
Pour comprendre
Dans l’Union européenne, les États membres réunis au Conseil et le Parlement européen participent ensemble à l’adoption de nombreux textes. Pour les orientations budgétaires, un accord politique entre ces institutions ne suffit pas toujours à clore la procédure : les enveloppes et les règles doivent encore être précisées et formellement adoptées. Un programme comme le Posei peut ainsi être maintenu dans son principe tout en restant soumis aux étapes suivantes de la négociation européenne.