Les violences du 17 octobre ont généré un afflux d’images sur les réseaux sociaux que les services judiciaires exploitent pour identifier les auteurs de pillages. Près de 200 enquêteurs sont mobilisés pour visionner et recouper ces centaines, voire milliers, de vidéos, selon un article publié par le Journal du Dimanche.
Ce travail d’identification peut se poursuivre plusieurs semaines après les faits. Les enregistrements partagés en ligne constituent le point de départ d’investigations minutieuses, visant à retrouver des personnes filmées qui n’ont pas été interpellées sur place.
Dans une interview rapportée par le JDD, Sacha Straub Kahn, porte‑parole du ministère de la Justice, a décrit la méthode envisagée : il a évoqué la possibilité de comparer les images issues des réseaux sociaux aux photographies conservées dans le fichier commun à la Police nationale et à la gendarmerie, le TAJ. Le porte‑parole a indiqué que ce fichier contiendrait, selon lui, les visages d’un grand nombre de personnes et qu’il est possible d’y effectuer des correspondances.
« Il y a maintenant un travail de longue haleine qui s’initie », expliquait Sacha Straub Kahn.
Le TAJ (traitement des antécédents judiciaires) rassemble, d’après le JDD, des informations issues de procédures judiciaires : identités, descriptions physiques et, dans certains cas, des photographies. Il concerne aussi bien des personnes mises en cause que des victimes, ce qui, précise le quotidien, ne signifie en aucun cas une condamnation pour les personnes qui y figurent.
Les étapes du travail d'investigation
- Collecte et tri des vidéos diffusées en ligne.
- Analyse image par image pour isoler des éléments identifiants (visage, tenue, objets).
- Recoupement avec les bases policières, dont le TAJ, lorsque les enquêteurs estiment qu’une piste est exploitable.
- Enquêtes complémentaires pour confirmer l’identité avant toute réquisition judiciaire ou interpellation.
Un policier cité par le JDD rappelle que le TAJ est « le fichier de base de la police et de la gendarmerie » et qu’il sert, selon les situations, à des recoupements plus ou moins poussés lors d’enquêtes. Le journal note que près de 2 400 personnes avaient été interpellées après les violences, d’après le bilan des autorités, mais que les investigations se poursuivent pour retrouver d’autres participants aux pillages.
| Élément | Chiffres cités |
|---|---|
| Enquêteurs mobilisés | Près de 200 |
| Personnes interpellées (bilan cité) | Environ 2 400 |
| Visages potentiellement présents dans le TAJ (mention du JDD) | 17 millions (chiffre évoqué par Sacha Straub Kahn) |
Le recours aux images publiées sur les réseaux sociaux pour des enquêtes judiciaires soulève des questions pratiques et juridiques. Les autorités judiciaires disposent de moyens techniques pour analyser et recouper des éléments visuels, mais le JDD souligne que le travail est long et qu’il implique des vérifications complémentaires avant toute mise en cause formelle.
Conséquences pour les personnes filmées
Selon le journal, l’exploitation massive d’images peut conduire à l’identification de personnes qui n’avaient pas été immédiatement interpellées. Le JDD rappelle que l’inscription dans le TAJ ne signifie pas une condamnation, et que le fichier sert d’outil de travail pour la police et la gendarmerie. Les investigations post‑événement peuvent aboutir à des confrontations, des auditions ou des procédures si les éléments permettent d’étayer des soupçons.
Pour comprendre
Le fichier TAJ est une base de données utilisée par les forces de l’ordre pour conserver des informations issues de procédures judiciaires et faciliter les recoupements lors d’enquêtes. L’exploitation d’images vidéo publiques consiste d’abord à collecter et authentifier les séquences, puis à comparer des éléments visuels aux documents identifiants disponibles dans des fichiers policiers, en respectant les procédures judiciaires avant toute mise en cause formelle.