La grande consultation "Dites‑le ICI", conduite en partenariat avec l'institut Odoxa, révèle une nette insatisfaction des Français à l'égard du fonctionnement de la justice. Selon les éléments présentés lors de l'émission, près de huit Français sur dix se déclarent insatisfaits du service public judiciaire.
Invitée d'ICI Paris Île‑de‑France pour commenter ces résultats, Marion Couffignal, avocate et membre du Conseil de l'Ordre des Avocats de Paris, a mis en avant des problématiques structurelles et humaines qui pèsent sur le bon déroulement des procédures. Elle relie la défiance à des délais d'attente importants, conséquence selon elle d'un manque de moyens et d'une charge de travail accrue pour les professionnels du droit.
« L'important, c'est que la justice puisse s'exercer de manière sereine avec une individualisation de chaque dossier, et qu'elle sera imperméable aux appels de l'exécutif », a déclaré Marion Couffignal.
« Au barreau de Paris, on se mobilise pour que chaque partie, qu'il s'agisse des parties civiles ou des individus mis en cause, aient un avocat à leurs côtés, y compris pendant ces audiences qui ont doublé de volume », a-t-elle ajouté.
Dans son intervention, l'avocate a évoqué la hausse des comparutions immédiates à Paris et la pression que cela exerce sur les audiences et les accompagnements juridiques. Elle a également souligné l'effet délétère de délais prolongés sur l'accès au droit : lorsque les procédures s'allongent, certains justiciables renoncent à engager des actions civiles ou pénales.
Constats et illustrations
Les points relevés par Marion Couffignal et par la consultation :
- Insatisfaction élevée des Français vis‑à‑vis du fonctionnement de la justice (près de 8 sur 10).
- Délais importants dans le traitement des affaires, cités comme facteur de découragement pour les justiciables.
- Pression sur les audiences (nombre d'audiences et comparutions immédiates en hausse) et sur la disponibilité des avocats.
La consultation s'inscrit dans un contexte plus large où la qualité du service public judiciaire et ses capacités à traiter les dossiers rapidement sont régulièrement débattues publicement.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Insatisfaction déclarée | Près de 8 Français sur 10 |
| Durée théorique pour traiter une affaire civile en première instance | 333 jours (donnée mentionnée lors de l'intervention) |
Face à ces constats, l'argument principal des représentants de la profession est l'insuffisance de moyens humains et matériels pour assurer une justice rapide et pleinement accessible. L'appel à préserver l'indépendance de la justice vis‑à‑vis des injonctions politiques a aussi été explicitement formulé.
Pour comprendre
La justice en France comprend des juridictions civiles et pénales chargées de trancher les litiges et d'appliquer la loi. Son fonctionnement dépend de ressources humaines (magistrats, greffiers, avocats) et matérielles ; des délais de traitement trop longs peuvent réduire l'accès effectif au droit. L'indépendance des juges vis‑à‑vis des pouvoirs politiques est un principe clé garantissant que chaque affaire est décidée en fonction du droit et des éléments du dossier.